Exit les iPhone relégués dans les fonds de tiroir. Tous les objets, high-tech comme électroménagers, peuvent désormais vivre une seconde vie grâce à l’entreprise de vente en ligne Back Market. 

Acheter un iPhone X tout en contribuant au bien-être de l’environnement ? C’est désormais facile. Derrière cette possibilité, Back Market, entreprise d’économie circulaire notamment dédiée aux produits high-tech et lancée en 2014 par un trio d’entrepreneurs : Thibaud Hug de Larauze, Vianney Vaute et Quentin Le Brouster. Le principe de Back Market est simple : un site web et 350 reconditionneurs proposant à la vente des produits remis à neuf, après une vérification minutieuse de leurs standards de qualité. Avec un objectif clair : offrir une “alternative incontournable” au neuf. Tout commence quand Thibaud rencontre un reconditionneur de Brive-la-Gaillarde. Curieux, il se rend à l’usine pour comprendre les subtilités du métier. Vianney raconte la suite : “Il manquait un canal de distribution qui permette de rendre accessibles ces produits.” Et ainsi est né le site Back Marcket.

Au-delà des produits high-tech, et notamment des smartphones – représentant trois quarts des ventes –, l’électroménager a sa place. “Si l’on regarde la structure de ré-achat de nos clients, la plupart arrivent pour acheter un smartphone et reviennent acheter une télé ou de l'électroménager. On éduque le marché sur la diversification du reconditionné”, détaille Vianney. Une éducation nécessaire, puisque seuls 3 % des produits mis sur le marché sont aujourd’hui réemployés. En cause, un manque d’habitude des consommateurs mais également des constructeurs. Vianney analyse: “Je pense qu’il y a un fétichisme du neuf, une pensée magique: ‘C’est neuf, ça marchera mieux.’ Alors qu’une batterie, si tu la changes, l’appareil marchera de la même manière qu’en neuf.” 

Contre l’obsolescence programmée

Ce combat attire une grande diversité de clients, continue Vianney: “Des gens qui veulent acheter des appareils électroniques fonctionnels, pas trop vieux, deux fois moins cher et garantis, il y en a beaucoup. Les parents qui veulent acheter un iPhone 5 pour leur fille qui veut tester Snapchat, l’étudiant(e) fauché(e), ceux qui viennent pour des raisons idéologiques…

À ce jour, plus de 450 tonnes de déchets ont été épargnés grâce à Back Market. Car au-delà d’un aspect économique intéressant, avec des produits de 30 à 70% moins cher qu’en neuf, le trio d’entrepreneurs est guidé par des problématiques éthiques. Vianney détaille: “Notre objectif est de faire une alternative afin qu’une personne qui s’apprête à s’équiper d’une console ou d’un lave-linge, par exemple, ait le réflexe de chercher du reconditionné.” De quoi faire frémir les géants de la tech, souvent critiqués pour l’obsolescence programmée de leurs produits? “Quand on s’est lancés, on était assez énervés contre ces gens-là. On l’est encore, car on a envie que les choses bougent plus vite. Malgré tout, il y a des signaux positifs. De plus en plus de constructeurs se comportent comme des reconditionneurs.” De son côté, déjà présent en Allemagne, en Italie, en Espagne et désormais aux États-Unis, le trio de Back Market ne compte pas s’arrêter là. “Le problème est global, et notre modèle est une solution qui peut marcher à grande échelle. D’autant plus qu’il existe des synergies, des marchés complémentaires. Par exemple, récupérer les flux des tech addicts américains, et revendre les produits en France ou en Allemagne.” Avis aux intéressés.


Manon Michel

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