La metteure en scène française, Ariane Mnouchkine, fondatrice du Théâtre du Soleil, assuré par la MAIF, revient sur ses engagements.

Presque soixante ans après vos débuts, êtes-vous toujours mue par la passion ?

Oui ! Je ne suis ni blasée, ni désabusée. L’indifférence est un sentiment qui m’est étranger ! Qu’il s’agisse de nos créations à la Cartoucherie ou de notre école nomade, qui nous conduit à former des comédiens de par le monde, en Inde, ou peut-être bientôt à Mayotte…

Vous avez créé votre compagnie, le Théâtre du Soleil, sur une utopie. La réalité vous a-t-elle rattrapés ?

Cette troupe, c’est à la fois un rêve, une tribu, une utopie oui, un projet pour un monde meilleur. Et qui affirme, comme la MAIF d’ailleurs, qu’il n’y a pas d’opposition entre cet idéal et une certaine efficacité !

Faire du théâtre est-il plus difficile aujourd’hui qu’à vos débuts ?

Lorsque nous nous sommes lancés, en 1964, nous savions… que nous ne savions rien ! Dans un mélange d’humilité, d’enthousiasme et d’ignorance assumée. Mais on nous a fait confiance et on nous a donné la clé. Aujourd’hui, il me semble bien plus difficile pour les jeunes troupes de bénéficier d’une telle protection.

Comment êtes-vous arrivés à la Cartoucherie ?

Nous venions de créer 1789 à Milan et un ami nous a dit que l’armée quittait la Cartoucherie. Le lieu devait être détruit, nous nous y sommes installés. Je suis allée voir la mère de Régis Debray, qui travaillait à ce qui n’était pas encore la mairie de Paris. Elle nous a signé un petit papier et personne n’a plus osé nous déloger !

Accueillez-vous toujours le public en personne ?

Disons neuf fois sur dix. La rencontre, c’est très important. Il se passe avec le public quelque chose de mystérieux, de poétique, de fraternel. Je suis toujours touchée par les visages des spectateurs, leurs mains…

Comment votre engagement s’exprime-t-il ?

Quand nous avons créé la compagnie, ce n’était pas par idéologie, mais par idéalisme. Nous avons constitué une coopérative, peut-être la première en France dans notre secteur. Nous  sommes  aujourd’hui à peu près 70 personnes, de 25 nationalités. En cuisine, dans les ateliers ou sur scène, nous partageons les tâches et touchons tous le même salaire.

Quel est votre lien avec la MAIF ?

La MAIF assure la compagnie. Mais elle a aussi fait le choix de nous apporter un soutien financier qui a été salvateur. Nous avons, je crois, une grande proximité de valeurs.


Crédit photo © Michèle Laurent I Article extrait du Magazine MAIF Social Club

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