L’espérance de vie se maintient à un niveau élevé en France ! 
Mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, se réduit. Et vous, que faites-vous ?

«  Le casque, c’est la honte.  » Trois skateparks, éloignés pourtant de centaines de kilomètres, et toujours la même réponse. Malgré des figures très engagées, à proximité immédiate de rampes aux bords acérés, ces adolescents ne portent aucune protection. Pendant les pauses, une bouteille de soda et des aliments gras en sachet tournent de main en main. Classés poisons mortels par les nutritionnistes. Mais ils sont jeunes, semblent très heureux et en bonne santé. De plus, ils auront effectué dans l’après-midi bien plus d’activité physique que la plupart de leurs concitoyens, ce qui est très recommandé. Jusqu’ici, tout va bien donc. Mais la route est encore longue !

Courir ou lâcher prise ?

Chacun connaît les recommandations pour maintenir un bon niveau de forme. Faire de l’exercice physique (voir notre magazine n°  172), arrêter le tabac, manger de façon équilibrée, éviter le stress et l’exposition aux polluants… Idéalement, chacun de nous devrait vivre 120 ans et mourir en bonne santé. 
C’est le discours du cardiologue et nutritionniste Frédéric Saldmann. 

J'ai fini par réaliser que parfois, le plus important est de lâcher prise.

La vie n’est pas si simple. « Tout simplement, je n’ai pas le temps, témoignait Delphine sur le blog des sociétaires de la MAIF, en janvier  2018. Je cours toute l’année : pour les courses, pour le linge, pour conduire les enfants…  » Faudrait-il dire stop, comme le fait une minorité croissante d’adeptes du frugalisme ? Ou lever le pied, comme le suggère Cindy, à qui le surmenage provoquait des états de fatigue et de tristesse indescriptibles ? «  J’ai fini par réaliser que parfois, le plus important est de lâcher prise  », concède-t-elle. « Être deux, cela aide bien », ajoute Frédéric. Comme Albert, il aide son épouse dans les travaux de la maison. C’est l’évidence, mais l’exemple est-il si répandu ? Marie, jeune mère de famille, compose elle aussi avec un planning chargé, mais garde du temps pour courir deux fois par semaine. L’enjeu est assez simple : éviter de devenir un profil à risque. Une difficulté à monter deux étages à pied sans essoufflement ou un indice de masse corporelle élevé* sont des signes d’alerte tangibles…

 

Inciter à faire du sport 

Protéger durablement sa santé est une affaire sérieuse. Tout le monde n’échappe pas à son hérédité : un cancer sur vingt serait d’origine génétique. Les contraintes externes entrent aussi en ligne de compte : le travail de nuit, la contraception orale, les traitements hormonaux, le stress et la tristesse sont ainsi réputés favoriser le cancer du sein. À 57 ans, cette maladie a forcé Christine à se poser. Le traitement achevé, son oncologue l’a encouragée à faire du sport pour accroître ses chances de rémission. «  Mais j’ai vite déchanté. L’ambiance des salles et des clubs ne me convenait absolument pas. La MAIF m’a aidée à me tourner vers un médecin qui m’a prescrit du sport adapté, sur ordonnance (lire page  9). Et là, j’ai pu pratiquer avec des personnes également touchées par la maladie. C’est ce que je cherchais, un environnement bienveillant et un encadrement très compétent. On s’encourage beaucoup, c’est super. Je voudrais que ça se sache. Il faut inciter les gens à faire du sport, c’est très bon à tout point de vue.  »

 

Et vient la retraite…

L’arrivée de la retraite marque un nouveau départ, avec un monceau de temps disponible. Et, parfois, le risque de mal digérer la rupture brutale d’un lien social qui a conditionné une bonne partie de la vie… Que faire de tout ce temps libre ? Et surtout, comment garder ou reconquérir la forme alors que l’on arrive à un âge qui coïncide peu ou prou avec celui de l’espérance de vie en bonne santé ? Pour inaugurer cette nouvelle existence, Jean-Paul s’est intéressé à son surpoids. Après une prise de sang et avec l’accord de son médecin traitant, il a choisi de suivre un jeûne. Une expérience de lenteur, qui libère des sensations inconnues. «  J’ai pu jeter un regard nouveau sur mes habitudes alimentaires et les changer durablement. Le pain, le riz, les pâtes, finalement, c’est du sucre. J’en mange beaucoup moins et mon taux de cholestérol a chuté de façon spectaculaire.  »

 

Des pratiques venues d'ailleurs

Dans un monde globalisé et connecté, le croisement des cultures entraîne un renouveau des pratiques. La médecine occidentale curative est complétée par d’autres approches, centrées sur la prévention. Des méthodes souvent venues d’ailleurs, issues d’un passé lointain. Ou d’origine religieuse, en version laïcisée : la méditation de pleine conscience en est le meilleur exemple. Beaucoup de sociétaires nous ont fait part avec bonheur de leur découverte du qi gong, de la gymnastique volontaire ou de l’eutonie. Des pratiques douces, à base de souffle et d’équilibre, dans une quête sensorielle. Accessibles sur tout le territoire, elles sont extrêmement utiles pour prévenir le risque de chute, raison première du décès accidentel après 65 ans. Sans oublier leur dimension sociale : la pratique sportive, c’est aussi un moyen de se retrouver. La retraite prend ainsi tout son sens : prendre du temps pour soi pour mieux se consacrer aux autres, réaliser ce que l’on a mis de côté pendant des années.

 

* Formule pour calculer son indice de masse corporelle : masse (kg)/taille au carré (unité de taille : m). Une corpulence normale se situe entre 18,5 et 25.

© Samuel Hense/Hans Lucas ; Xavier Testelin/Divergence ; Patrice Terraz/Divergence