Le réveil écologique sonne depuis longtemps mais nous avons du mal à nous lever. Pendant ce temps, la concentration en CO2 de l’atmosphère s’accroît et la biodiversité s’effondre… La MAIF agit à son échelle, et vous ? 

Il y a ceux qui roulent à vélo, se nourrissent de végétaux et vivent dans une yourte chauffée au bois. D’autres qui passent leur vie dans les avions, avalent un steak à chaque repas et n’envisagent leurs vacances qu’à la verticale d’un tropique. Entre ces deux extrêmes, toute la variété des possibles. Face aux défis écologiques, chacun son attitude ! Avec une nuance toutefois : dans ce domaine, mieux vaut agir trop que pas assez. C’est ce qu’explique Valérie Masson-Delmotte, paléo-climatologue, dans cet extrait enregistré à la veille de la COP 21  : le budget carbone de l’humanité équivaut à vingt-cinq ans des émissions mondiales de 2014. Au-dessus de cette limite, chaque gramme de CO2 émis nous éloignera des accords signés à Paris en 2015. Il sera alors trop tard pour s’étonner de la montée du niveau des mers et d’une kyrielle de malheurs associés : sécheresses, migrations, conflits… Face aux enjeux écologiques, la MAIF assume donc sa responsabilité. En tant qu’investisseur institutionnel, elle fut le premier assureur français à signer les principes pour l’investissement responsable des Nations-Unies. Aujourd'hui, 80 % de ses placements financiers sont analysés selon des critères liés au développement durable. « Et en octobre 2017, nous avons rejoint Finance for Tomorrow , pour que la place de Paris consolide son rôle de leader dans le financement de la transition énergétique et écologique », annonce Sophie Elkrief, directrice des Investissements des placements du groupe MAIF.

Baisser les émissions de CO2 

C’est pour notre mobilité et le confort de nos logements que nous produisons le plus de gaz à effet de serre. Les déplacements à vélo ou à pied sont évidemment les plus propres. Viennent ensuite les transports en commun, à l’exception notable de l’avion, comme le montre ce comparateur  proposé par l’Ademe. La voiture, à essence ou diesel, est l’un des moyens de transport les plus polluants : entre 60 et 500 g de CO2 émis à chaque kilomètre parcouru*, selon le modèle. Elle reste pourtant le plus utilisé au quotidien… Y compris à la MAIF, où l’immense parking du siège social affiche souvent complet. Mais la mue est visible. Bornes de recharge pour les voitures électriques, places de stationnement pour les vélos et même bicyclettes en libre-service y ont fait leur apparition. De même que des emplacements réservés aux covoitureurs. « Nous prenons aussi en charge à 100 % les abonnements de nos salariés aux transports en commun pour leurs trajets domicile-travail, et l’indemnité versée à ceux qui viennent travailler à bicyclette est supérieure aux dispositions légales », précise Bernard de Laportalière, directeur adjoint des Richesses humaines. 
Au plan plus global, la MAIF a été l’un des premiers assureurs à s’engager pour le covoiturage des particuliers, autorisé et encouragé sans surprime d’assurance, et à soutenir le développement de start-up spécialisées dans la mutualisation des moyens de transport. C’est un grand pas en avant puisque, dans tous les scénarios de transition énergétique, la sobriété et l’efficacité arrivent en tête des priorités. En second lieu, il faudra renouveler le parc roulant. Les véhicules électriques ou au biogaz devraient devenir la norme aux alentours de 2040. À cette date en effet, selon un souhait du ministre de l’Écologie Nicolas Hulot, la construction de voitures à essence ou diesel devrait être stoppée.

* Environ 20 % de moins si elle est équipée d’une motorisation au GPL, avec l’avantage supplémentaire de ne pas émettre de particules fines : les véhicules au GPL sont les bienvenus dans les villes ayant adopté la vignette Crit’air. 

Des logements moins énergivores

L’habitat et les bureaux absorbent 40 % de l’énergie consommée en France et sont à l’origine de 25 % des émissions de CO2. Pour réduire cette empreinte, il n’y a pas trente-six chemins. On peut couper le chauffage, se laver à l’eau glacée comme dans un livre d’A.J. Cronin. Renoncer au réfrigérateur et à tous les équipements ménagers qui ont multiplié par six notre consommation électrique depuis 1970. Ou tout simplement se tourner vers les énergies non fossiles (via Énercoop*, par exemple) et rénover son logement en une fois, et après avoir fait réaliser une étude préalable : isolation, circulation d’air, circuit de chauffage… Frédéric Loyau, thermicien et cofondateur de la Scop Fiabitat (45), insiste sur ce point : « Rénover par étape est inefficace. Se contenter d’isoler est même dangereux pour la qualité de l’air intérieur. » 
Les Français, dans une récente étude OpinionWay, se déclarent prêts à dépenser 2 200 euros en moyenne  pour ce type de travaux. Il faudra penser plus grand, en se projetant sur le long terme.   « Il existe des aides pour financer la rénovation énergétique : TVA réduite, crédit d’impôt… De plus en plus de banques proposent des prêts dont la mensualité équivaut à peu près à l’économie d’énergie réalisée chaque mois, souligne Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La maison écologique. Les personnes à faibles ressources peuvent obtenir le soutien de l’Anah et des grandes entreprises du secteur pétrolier, via les certificats d’économie d’énergie. » 
Pour le neuf, la norme actuellement en vigueur est la RT 2012, qui limite la consommation d’énergie à 50 kWh ep** par mètre carré et par an. Mais on peut aller beaucoup plus loin, en faisant construire une maison passive. C’est le choix de Yann (cf. son expérience ci-dessous) : sa facture annuelle d’énergie, hors éclairage et électroménager, est égale à 0 euro. Cette école de Montreuil-sous-Bois  (93), bâtie en paille, fait encore mieux, en produisant plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Le secret de ces constructions ? Beaucoup de travail de conception en amont et le choix de matériaux isolants de qualité. « N’écrivez surtout pas qu’une maison performante est un luxe réservé à une élite financière, il y a des solutions pour tous les budgets, précise Frédéric Loyau. On peut choisir une maison sur catalogue plutôt qu’une création, jouer sur les finitions, faire soi-même une partie des travaux… Par exemple, avec une presse, fabriquer ses propres briques avec la terre du site de construction. Et l’on aura au final une maison très économe en énergie, conçue pour durer longtemps. » Fiabitat a d’ailleurs publié un comparatif argumenté entre plusieurs méthodes de construction, pour une maison de 110 m2 : tout additionné, c’est la maison en bois et paille qui est la plus économique. On peut aussi opter pour une maison plus petite, adaptée à la taille de son foyer : construire écologique, c’est aussi rester modeste.

La MAIF, par nature peu polluante, consacre environ 4 millions d’euros chaque année aux achats d’énergie (hors carburants). « Un montant significatif, qui a justifié son engagement dans une démarche de réduction des consommations qui porte ses fruits. "Par exemple, la facture du siège social a diminué de 7 % entre 2015 et 2016, argumente Loreline Sorel, référente énergie de la MAIF. Par ailleurs, 100 % de l’électricité consommée par la MAIF est d’origine renouvelable et huit de nos sites ont obtenu la certification ISO 50001***. Cette norme propose un référentiel de management de l’énergie très pragmatique, qui nous engage à améliorer nos pratiques en continu. Ainsi, nous ne sommes pas encore prêts à changer toutes les fenêtres du siège social, mais il y aura bientôt des panneaux solaires sur les toits du centre de gestion de Toulouse. Et nous déployons en cascade cette politique de l’énergie dans toute l’entreprise. La MAIF va bien au-delà de ses obligations !". 

* Enercoop est soutenue par MAIF Investissement responsable et solidaire. C'est aussi le fournisseur d'électricité de MAIF Social Club - Le lieu, à Paris.

**Kilowatt heure équivalent pétrole.
*** Démarche subventionnée par la région Nouvelle Aquitaine.

Promouvoir l’économie circulaire et l’écoconception

À la MAIF, tout comme les produits biocides ont disparu de l'entretien des espaces verts et des bâtiments, les imprimantes personnelles ont été supprimées des bureaux. Il faut maintenant rejoindre un copieur centralisé, relié à un serveur. Un peu de marche à pied n’a jamais fait de mal à personne ! « Et surtout, cette nouvelle disposition oblige à considérer chaque impression : en ai-je vraiment besoin ? La consigne est vraiment d’imprimer au minimum, et la consommation de papier a baissé d’un quart depuis 2012 », témoigne Marie Lapalle, responsable d’actions RSE. Et le papier jeté est collecté et valorisé, comme c’est le cas pour 84 % des déchets  produits par la MAIF. Les meubles aussi sont concernés. Neufs, ils sont achetés auprès de fournisseurs écoresponsables. Hors d’usage, ils sont reconditionnés par une menuiserie partenaire. Ou même récupérés et transformés par des entreprises telles  ApiUp  ou Extramuros, dans une démarche « du déchet au design ». C'est une forme de lutte contre « l'énergie grise », celle qui a été nécessaire à la fabrication et à la commercialisation d'un bien ou d'une denrée. La réutilisation de pièces détachées d'occasion pour la réparation des véhicules, dont la MAIF a été pionnière, s'inscrit dans cette dynamique. 
En marge de la remise des prix du Fonds MAIF pour l’Éducation, le 30 novembre 2017 à Chambéry (73), le photographe et cinéaste Yann-Arthus Bertrand déplorait la perte de 65 % du vivant sur la terre ces cinquante dernières années. « C’est inouï, on a dépensé des sommes incroyables pour protéger des espèces et voilà où nous en sommes… C’est déprimant. La seule façon de s’en sortir consiste à s’engager. » Lui-même est devenu végétarien. La MAIF s’est associée à GoodPlanet, la fondation qu’il a créée pour faire progresser l’écologie et le respect du vivant. La MAIF soutient également le mouvement des fablabs et autres Repair Cafés. De nombreuses sessions de réparation d’objets usagers seront organisées en 2018 dans les délégations de notre réseau. L’association Les Courts circuits, à Alençon, qui a initié la démarche et développe de multiples actions d’éducation populaire, a d’ailleurs reçu le 3e prix national de l’appel à projets 2017 du Fonds MAIF pour l’Éducation. Notre société occidentale produit beaucoup trop de déchets, il faut lever le pied ! Des initiatives nationales sont en cours. L’interdiction des sacs plastiques est effective depuis juillet 2016. En 2020, ce sera le tour de la vaisselle jetable. Parallèlement, la vente en vrac se développe sur les marchés, dans les Amap, ou dans les 140 épiceries de France où l’on peut acheter des produits alimentaires sans emballage. « L’intérêt est double, informe Célia Rennesson, directrice de l’association Réseau Vrac, qui œuvre à la promotion et au développement de ces lieux de vente écologiques. On n’achète que les quantités nécessaires, ce qui produit moins de gaspillage alimentaire. Et l’on fait ses courses en apportant ses propres contenants durables, ce qui réduit l’empreinte écologique de l’achat. » Signe encourageant, toutes les enseignes de la grande distribution proposent désormais des rayons dédiés au vrac. Aux consommateurs de franchir le pas, en se fabriquant de jolis sacs en tissu ! 

 

© Photos : Sylvain Gripoix/MAIF ; Marta Nascimento/REA : Amap - Ferme de Marconville ; Thomas Louapre/Divergence ; Marlene Awaad/IP3 - Illustrations Gaëtan Heuzé/MAIF ; Ève de la Grange/MAIF.