L'analyse

Les arguments ne manquent pas pour justifier l’intérêt écologique du vélo ou ses bienfaits pour la santé. Mais depuis presque dix ans, nous démontrons aussi son intérêt économique. Savez-vous que déjà, grâce aux adeptes du vélo, nous économisons plus de cinq milliards par an en dépenses de santé ? Ce chiffre seul justifierait nos efforts pour augmenter la part modale du vélo dans les transports, qui est de l’ordre de 3 %. Imaginez l’impact pour la Sécurité sociale si elle atteignait au moins 12 %, comme dans les pays du nord de l’Europe ! Pour les familles qui l’utilisent, l’intérêt économique est considérable, puisqu’il permet de n’avoir qu’une voiture, voire de s’en passer. Mais il y a aussi un impact économique pour l’ensemble de la société ; car le vélo, c’est tout un écosystème et 35 000 emplois environ, avec des personnes pour les fabriquer, les vendre, les entretenir… Pour développer ce potentiel, il ne suffit pas de créer des pistes cyclables. Il faut aussi des solutions pour stationner le vélo à domicile, au travail, devant les commerces et les services publics. Il faut aussi des lieux pour les entretenir. Nous suivons avec attention le développement d’ateliers d’autoréparation, souvent associatifs. Enfin, il faut parfois des formations. Des vélo-écoles permettent notamment, en quelques séances, de remettre en selle des salariés dans le cadre des plans de mobilité des entreprises.

 

Véronique michaud,

secrétaire générale du Club des villes et territoires cyclables (1 500 adhérents)

“Le vélo, c'est 5 milliards d'économies en dépenses de santé”