L'analyse

Le morcellement du travail indépendant est une réalité, tout comme le flou qui entoure sa définition. Tout n’est pas blanc ou noir, salarié ou indépendant. Il y a aussi les zones grises. Par exemple, c’est parfois le cumul d’une activité salariée et d’un statut d’auto-entrepreneur. Ou encore des indemnités chômage qui permettent de créer une entreprise.

D’autre part, il y a des différences. L’expert reconnu et surqualifié n’est pas travailleur indépendant comme les livreurs Deliveroo ou les chauffeurs Uber, qui connaissent d’autres problématiques sociales. Mais on voit que les lignes bougent. Par exemple, en Belgique, la tentative de la coopérative Smart avec Deliveroo, pour que des livreurs de repas aient un statut salarié… Ou, en France, la création de CoopCycle.

Ces alternatives coopératives aux plateformes sont dans l’air du temps, mais on ne remplace pas si facilement des géants capitalistes ! Ce qui me semble intéressant, également, c’est de voir des start-up qui engagent d’elles-mêmes des réflexions pour partager davantage la valeur. Comme La Ruche qui dit Oui, qui veut distribuer des parts à ses contributeurs non salariés… Ces entreprises du numérique n’envisagent pas forcément de sauter le pas coopératif, dont la gouvernance pourrait faire fuir des investisseurs, mais elles pourraient créer des modèles hybrides, entre ces deux univers.

Arthur de grave,

journaliste et membre du collectif OuiShare

« Nous vivons un moment de bouillonnement et d’expérimentation. »