L'analyse

Des véhicules autonomes, sans conducteur, c’est pour demain ?

Non ! (sourire) Ces véhicules sont prometteurs, notamment pour leurs équipements de sécurité, tout à fait remarquables, mais les recherches en cours montrent qu’ils sont encore loin d’être totalement autonomes. Avec eux, de nouveaux risques pourraient même apparaître, notamment pendant la période de cohabitation avec d’autres véhicules ni autonomes ni connectés, et avec des usagers plus vulnérables, les piétons ou les cyclistes.

Un exemple ?

Prenons celui d’une circulation en ville. Pour un véhicule autonome, identifier un piéton sur un trottoir est possible, mais prédire son comportement l’est beaucoup moins. Comment dès lors le paramétrer pour qu’il ne freine pas sans arrêt en ville ? Alors que nous, conducteurs humains, sommes capables de détecter de subtiles interactions entre usagers, comme un regard ou une attitude. Sur ce point, nous surpassons toujours les machines.

À condition de rester vigilants !

C’est encore un point d’inquiétude. Ces périodes d’autonomie génèrent très vite une « surconfiance » du conducteur et une baisse de vigilance. Je crois que ces véhicules vont rester encore longtemps partiellement autonomes, avec des fonctions de pilotage automatique activées seulement dans des cas d’usage précis : autoroute, embouteillage, basse vitesse… Il est donc indispensable que nous restions des conducteurs. Aidés, mais toujours vigilants !

 

Marc rigolot,

directeur de la Fondation MAIF

“Pas facile de remplacer des humains !”